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                                                                                                              Introduction                                     

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Remerciements
  De nombreux visiteurs ont consulté ce site depuis sa publication, fin 2012 : originaires de France, et notamment de Corse, mais aussi des pays proches (Pays Bas, Allemagne, Autriche, Suisse…)
  Le hasard de la curiosité a également amené des visiteurs asiatiques.
  Plus surprenant est le nombre important et constant de visiteurs américains (principalement des Etats Unis mais encore du Canada ou d'Amérique latine). Culture de la recherche, loi des grands nombres ?
  Quelles que soient leurs motivations – curiosité fugitive ou intérêt soutenu – qu'ils en soient remerciés.
                                                                                                                          D. B. (mai 2013) .

Restauration de l'église et du campanile de Carbini


                                                                                                                      Dominique Bartoli


    Comment les « journaleux » écrivent l'histoire

    L'église romane de Carbini a fait l'objet d'un article dans Corse-Hebdo, le 6 mai 2011.
    Intitulé « Bâtisseurs de clocher à Carbini », signé par Véronique Emmanuelli, le texte était dû à l'imagination d'un adjoint municipal (1) de l'Alta Rocca, qui l'avait suscité. La rédaction de Corse-Hebdo ignorant tout de l'église et du campanile de Carbini – croyant tenir un sujet culturel inédit – avait succombé à l'insistance de l'adjoint qui se présentait comme historien local. Elle publia donc sans précaution le texte de « l'historien local » peu scrupuleux qui avait réduit la vérité historique à des ragots de son cru.
    Dans cet article fantaisiste, presque tout est faux : sur l'état de l'église et du campanile, sur les circonstances de la restauration au début du XXe siècle, sur Dominique Bartoli entrepreneur de Sainte-Lucie de Tallano, chargé de la reconstruction.
    Si une grande partie de l'histoire de l'église romane de Carbini est connue par les travaux de Mme Moracchini-Mazel, ce qui concerne la restauration est méconnu.

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    Circonstances historiques de la construction

    Après des siècles, et davantage, d'occupations barbares, de destruction et de razzias, à la fin du XIe siècle la Corse, qui fait toujours partie de l'héritage romain, se voit attribuer des administrateurs pisans ; d'abord, un marquis de Toscane puis un évêque de Pise, mandataire du pape Grégoire VII. Pise, cité état maritime, exerce alors sa suprématie en mer tyrrhénienne.
    Le Moyen Age, plutôt tardif en Corse, peut se développer sous l'autorité des feudataires pisans.
    Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, où elle perd sa domination en combat naval devant la flotte génoise, Pise se comporte en colonisateur dont les contraintes ne sont pas toujours négatives.

    Les églises romanes

    Les « Romains » rassemblaient des populations hétérogènes, presque nomades et n'étaient pas des bâtisseurs nés. Avec une bonne capacité d'adaptation, ils avaient emprunté aux Etrusques, de civilisation plus élaborée et d'une technicité enviable, l'art de la construction ainsi qu'une grande partie du vocabulaire technique qu'ils ne possédaient pas. Les Pisans avaient donc deux sources : la tradition léguée par leurs lointains ancêtres étrusques et, par ricochet, l'influence romaine.
    Dès leur implantation en Corse, sous l'autorité religieuse de l'évêque de Pise, ils construisent, sur presque tout le territoire, des églises dans le style de l'époque, en particulier le premier style roman.
    Dans la région de l'Alta Rocca, au nord de Sartène, les principaux vestiges sont les églises de Carbini, de Poggio de Tallano et de Sainte Marie Figaniella.
    San Giovanni Battista de Carbini se détache par la qualité esthétique, l'intérêt historique de l'antériorité et de la conservation puis, par l'entremise de Prosper Mérimée, de la restauration. Son campanile la désigne à l'attention et les ruines de l'église San Quilico, qui la flanquait primitivement, contribuent à enrichir le mystère. L'importance de la piévanie dans la chronique et la légende la met en lumière à travers l'histoire supposée de la communauté sectaire des Giovannali.

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    Note 1: L'adjoint de Tallano, Alexandre Marcellesi, habilité par fonction à orienter plus ou moins les destinées de la commune, croyait pouvoir également peser sur l'histoire locale. Il a donc présenté à Corse-Matin cette histoire au scénario guignolesque de la restauration de l'église romane de Carbini qui flattait sans doute ses prétentions d'historien (ou d'adjoint).
    Cité comme source, j'ai obtenu un accord du rédacteur en chef, Jacques Renucci, pour une mise au point de 6 000 signes (selon l'usage dans la presse écrite), accord qui n'a jamais été honoré. Il semble que Corse-Hebdo répugne à publier un texte signé par un auteur étranger au sérail, surtout si le texte est fondé. Bien au contraire, la rédaction, fière de son article, l'a exposé intégralement – sorte de « promo » culturelle – en libre accès sur l'Internet, depuis le 15 mai 2011 ; ou peur-être est-ce la conséquence d'une influence que j'ignore ; ou un reflet de la situation catastrophique du groupe Hersant.
    Contrairement à ce que prétend l'article, je n'ai jamais dirigé aucune galerie d'art et je m'en félicite.
Introduction. Rappel historique.
San Giovanni Battista


Comment l'histoire de la restauration des monuments, en 1903, a-t-elle été reconstituée ?

 
L'enchaînement des décisions, des faits et des situations est conforme à ce que permet le recoupement des dates de courriers, de celles indiquées dans le texte des mêmes courriers ou dans les annotations foisonnantes ainsi que dans les multiples comptes et décomptes.
  L'ensemble de ces documents est évidemment beaucoup plus important que les quelques pages proposées en illustration. Le courrier entrant au ministère est le manuscrit original tandis que le courrier sortant – sauf pour certaines lettres internes – est archivé sous forme de « minute », c'est à dire un original dicté à un secrétaire ou copié d'après une note marginale, la lettre expédiée ne pouvant être présente.
  Le reste est du domaine de la construction.
  Cette reconstruction en pierres sèches – à partir de chiffres, de dates, de délais, de prix,  de sommes et de décomptes – réclamait le liant de quelques commentaires personnels qui n'excluent pas la rigueur.
  La traduction suit à peu près les termes et les péripéties.

                            Dominique Bartoli












Textes et photos : tous droits réservés 1997/2012
Traduction anglaise 2013 par Judith Levy